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23 avr. 2013

Déjà la fin du boom sud-coréen ?

Comme la Corée du Sud l'a fait avec son voisin oriental (Japon) il y a une quinzaine d'années, la Chine arrive à pas de géant pour mettre à mal le boom sud-coréen et s'imposer sur de nouveaux marchés. Il ne reste plus beaucoup de temps pour que la Corée du Sud se fasse rattraper par l'Empire du Milieu sur des secteurs qu'elle maîtrisait jusque là.
Les chantiers navals ? Le classement voit la Chine (China CSSC Holding) passer de plus en plus fréquemment devant les chantiers des grands constructeurs coréens implantés du côté de Busan (Hyundai Heavy Industries, Daewoo Shipbuilding, etc.). 

L'électronique ? Samsung Electronics a encore quelques belles années devant lui, mais 2020 sera une année cruciale pour de nombreux experts, au regard de la montée en flèche des produits Made in China. Huawei, HTC ou Lenovo seront les grands noms de l'électronique autour du globe d'ici 5 à 10 ans.

L'automobile ? Le leader sud-coréen Hyundai-Kia Motor, qui détient environ 80% de parts de marché dans la péninsule (45% et 35%) et qui réalise la majeure partie de son chiffre hors du pays, voit ses ventes dégringolées dans ses zones de prédilections, à savoir l'Europe et les Etats-Unis. 

Sur le Vieux Continent, après des mois de hausse pour Hyundai, le mois de mars affiche une chute de 10.3% (association des constructeurs automobile européen). Chez l'Oncle Sam, la chute de Hyundai-Kia était de 7.9% en 2012. Sur les chantiers d'Ulsan, la production commence à ralentir : -2.1% en 2012 par rapport à +21.6% en 2010 et +9.1% en 2011. 

Si la production est bien partie en début d'année par rapport à 2012 (+23% en janvier et +19.8% en février), l'augmentation de +13.1% en mars laisse à penser que la production pourrait continuer de ralentir dans les prochains mois. Pour les constructeurs locaux, les raisons sont simples : la crise économique continue en Europe, les conflits avec les salariés pour ce qui concerne les salaires et les horaires de travail, et l'augmentation des coûts de production. 

Bref, les mêmes problèmes des constructeurs européens depuis une dizaine d'année (hors crise européenne). Cela représenterait un choc pour l'économie nationale, l'automobile représentant 11.4% de la production totale de Corée du Sud avec 1,75 millions d'employés (constructeurs et équipementiers). 

Encore une fois, la Chine, premier constructeur automobile mondial, qui détient 200 millions de propriétaires de permis de conduire pour seulement 100 millions de conducteurs, est un marché à fort potentiel pour tous les constructeurs de la planète. Et cette fois-ci, il faudra probablement s'appuyer sur autre chose que la réussite culturelle du pays (comme Psy et ses millions de vue sur Youtube ou la K-Pop qui s'exporte) pour démonter que le pays s'impose parmi les premières économies mondiales... 

9 avr. 2013

Kim Jong-Un, le facteur X

ÉDITORIAL - Une troisième guerre mondiale ? Une seconde guerre froide ? Une seconde guerre de Corée ? Une guerre asiatique ? Un "suicide continental" à l'uranium enrichi ? Qui sait. Peut-être qu'un énième média occidental se tentera à essayer l'un de ses titres dans les prochains jours, histoire de faire le buzz... La Corée du Nord est définitivement devenue la vache à lait des médias occidentaux ces derniers jours. Du coup, l'inquiétude monte à l'autre bout du monde (Europe comme Etats-Unis), sans que soit vraiment décryptée (à part par quelques journalistes et spécialistes avérés) la réalité des faits.

Nombre de familles (et de sociétés) basées en France, en Allemagne, en Italie ou en Espagne (pour ne citer qu'elles, d'après les retours obtenus) se demandent, au regard de ce qu'elles lisent et entendent, si leurs proches ne feraient pas mieux de prendre un retour simple pour le Vieux Continent. Les expatriés faisant leur première classe dans la péninsule se refusent à visiter la zone démilitarisée (DMZ), à quelques kilomètres au Nord de la capitale, Séoul. Sait-on jamais... Il faut dire que l'informations diffusée en Corée (et en Asie) et celle diffusée en "Occident" sont loin l'une de l'autre. La première est le plus souvent détaillée et analytique (économique, politique) quand la deuxième est malheureusement trop souvent (pas toujours) sensationnelle (terreur, sécurité) et copier/coller d'articles écrits ou re-re-retraduits de médias généralistes.

Ce weekend, à Séoul, les journaux télévisés du début de soirée débutaient leurs éditions par la météo changeante au-dessus du pays. Lorsque Pyongyang annonçait formellement être "en état de guerre" avec la Corée du Sud fin mars, la toile sud-coréenne parlait d'une star coréenne lavant des fraises dans une émission de télé-réalité. La une de la presse quotidienne parle du Nord, certes, mais elle n'en fait pas non plus des pleines pages avec enquêtes exclusives sur enquêtes exclusives. Pour certains expatriés, c'est avant tout une stratégie du gouvernement qui ne souhaite pas inquiéter sa propre population. Difficile à imaginer tant les nouveaux médias permettent de savoir à peu près tout (et n'importe quoi). Il suffit de parler des événements avec les sud-coréens pour comprendre que les événements intercoréens n'ont pour l'instant rien de très sérieux.

Ils sont d'ailleurs plus qu'habitués à tout cela. Ils ont vu passé tellement de chose ces dernières années... L'attentat sur le vol 858 de Korean Air fit 115 morts en 1987. La découverte du 4e tunnel creusé par les Nord-Coréens pour envahir le Sud de la péninsule ne date que de 1990. Les tensions sur le dossier du nucléaire ont débuté en 1994 avec des menaces réelles de l'état américain et n'ont cessé, jusqu'à aujourd'hui, de fragiliser la sécurité en Asie du Nord-Est. Quid des tensions autour de la NLL (la ligne de limite nord) qui ont fait des dizaines de morts en 1999 (deux ans après l'accession au pouvoir de Kim Jong-Il), 2002 et 2010 (autour de Yeonpyeong en particuliers). La touriste abattue de deux balles (jambe et dos) lors d'une promenade matinale sur une plage à proximité du Mont Keumgang en 2008. Et c'est sans parler des trois test nucléaires nord-coréens, le lancement d'un satellite l'an dernier ou les nombreux missiles-tests courte-moyenne-longue portées qui ont explosé en plein vol ou ont terminé dans l'eau.

Oui, il se passe actuellement des choses en Corée du Nord. Oui, il y a une forme de danger qui existe mais à une échelle extrêmement réduite. L'équation est simple et la solution presque évidente. Mais une seule donnée manque aujourd'hui aux experts, analystes et autres spécialistes géopolitiques. Assez pour faire parler, apparemment. Ce facteur "x" s'appelle "Kim Jong-Un". Le troisième dirigeant de la famille Kim, qui se rapproche de la trentaine, n'a d'autre choix que de montrer aux yeux du monde à quel point il maîtrise d'une main de fer son pays et son armée. Imaginez un jeune homme, plutôt intelligent et fin stratège, qui possède la quatrième plus grande armée du monde en effectif (la première en nombre de militaires pour mille habitants), devenir tout d'un coup complètement inconscient.

Entre ses mains, ce sont 9 495 000 hommes prêts à servir, 4 060 tanks, 2 500 véhicules de transport de troupes, 17 900 pièces d'artilleries, 11 000 engins de défense aérienne, autour de 10 000 missiles SATCP (sol-air à très courte portée) et anti-tanks, 915 vaisseaux en mer, 1 748 avions, la plus grande unité de forces spéciales et la plus grande flotte sous-marine au monde (la plupart de tous ces équipements et engins sont récupérés de la guerre froide). Tout cela avec une petite sauce d'uranium enrichi, et tout d'un coup, le monde (hors Corée du Sud) a peur. Ajouté une administration américaine sur les dents qui prend au pied de la lettre toutes les missives verbales des dirigeants nord-coréens, une Park Geun-Hye fraîchement élue à la tête de la Corée du Sud qui doit prouver sa capacité à diriger le pays face aux menaces nord-coréenne mais qui n'a d'autre choix que d'écouter son allié de toujours (les USA), un tout nouveau leader chinois (Xi JinPing) qui ne comprend plus vraiment la tactique nord-coréenne (les relations entre Kim Jong-Il et Hu Jintao étaient plus étroites que maintenant) et des Japonais, dirigés par un nouveau premier ministre (Shinzo Abe), qui déploient leur défense anti-missile dans Tokyo dès que la Corée du Nord lève le petit doigt, et le monde (hors Corée du Sud) est terrifié.

Mais aujourd'hui, de quoi parle-t-on... D'un test-missile qui s'échouera à quelques encablures des côtes Ouest nord-coréennes, histoire de célébrer le 15 avril prochain le 101e anniversaire de Kim Il-Sung ? D'un pêcheur abattu dans les eaux pas clairement limitées entre les deux Corée (dans ce qu'on appelle la Guerre du Crabe, en Mer Jaune, ou de l'autre côté, en Mer de l'Est) ? De trois échanges de tirs autour de la zone démilitarisée ? D'un nouvel essai nucléaire sous-terrain pour prouver (au cas où les Nations-Unies ne l'auraient pas compris) que le régime communiste détient l'arme nucléaire ? En aucun cas un tel incident ne provoquera un conflit armé d'envergure international (à moins que Kim Jong-Un veuille signer la fin de l'histoire nord-coréenne). Mais cela servira à coup sûr de monnaie d'échange pour demander un soutien économique ou alimentaire contre l'arrêt des menaces, comme cela à toujours été le cas.

Les sud-coréens regardent tout cela au journal de 20h comme s'ils étaient devant l'un de leur drama (feuilleton télévisé à l'eau de rose) favori. "Si Kim Jong-Un pète une durite et décide de s'attaquer à Séoul, alors se passera ce qu'il doit se passer" analyse un quinquagénaire devant son journal télévisé qui annonce le retrait des 53 000 employés nord-coréens de la zone industrielle conjointe de Kaesong. Comprendre par là qu'une attaque pulvériserait rapidement une grande partie de la population sud-coréenne (plus de la moitié du pays habite à moins de 100 kilomètres de la Corée du Nord), mais que les Coréens ne feront qu'un (dans la gloire comme dans la mort), comme ils l'ont toujours été dans leur histoire et leur culture. Pour les plus jeunes, le doute est là. Non pas de savoir si le peuple sud-coréen est en danger et s'il faut fuir. Non non. Le doute se pose quant à savoir quel sera le prochain mouvement de Kim Jong-Un, quand est-ce qu'il se passera et quel impact il aura. Voilà un peu autour de quoi tournent certaines discussions dans les restaurants et les bars de Séoul, entrelacé avec le dernier film à voir au cinéma, la dernière tenue d'une actrice et le dernier titre d'un chanteur tendance. Un peu comme s'ils jouaient à la roulette dans un casino (bien qu'ils n'aient officiellement pas accès aux casinos, mais c'est un autre sujet). Impair, Rouge. "Faites vos jeux !".

Par Clément, 9 avril 2013, 7h50, Séoul

Sur le même sujet : 
- Pierre Joo, sur Slate, La gazette de Séoul
- Discussions d'experts sur France Culture 

8 avr. 2013

La Corée ne gagne pas toujours

Il est loin le contrat nucléaire perdu aux Émirats Arabes Unis par le consortium mené par EDF et GDF au profit du consortium sud-coréen mené par KEPCO pour 20,4 milliards de dollars, première tranche d'une commande qui se dirigeait vers les 40 milliards. C'était il y a un peu plus de trois ans. Depuis, de l'eau est passée sous les ponts. Et voici qu'aujourd'hui, la France prend sa revanche sur la Corée du Sud. Le montant reste un peu moins élevé que fin 2009 (au niveau des perspectives de développement à venir), mais le contrat permet à l'hexagone de prouver ses compétences aux yeux du monde. Le consortium franco-japonais, mené par Areva et Mitsubishi Heavy Industries, a remporté une commande de 22 milliards de dollars de la part des autorités turques pour la construction de quatre centrales nucléaires à proximité de la Mer Noire. En face, le consortium sud-coréen et le consortium chinois n'ont pas fait le poids face à un double consortium qui promet de lever suffisamment de fonds pour ce projet via la vente d'électricité produite dans ces centrales à des sociétés turques. Le gouvernement japonais a également promis de supporter financièrement, en substance, le projet. L'accord sera annoncé officiellement dans les jours qui viennent, dans le cadre d'une rencontre entre les dirigeants turcs et nippons.

Le patron de Samsung est de retour aux affaires

Lee Kun-Hee a fait un retour remarqué (et fébrile, au regard de sa démarche) dans la péninsule sud-coréenne. Des dizaines de reporteurs, micros tendus, attendaient devant la porte des arrivées à l'aéroport de Gimpo, à quelques encablures du centre de la capitale, Séoul. Après un long séjour hors de Corée (Lee passe ses hivers dans sa maison hawaïenne et se rend fréquemment à Tokyo pour les affaires), le retour de la plus grande fortune du pays laisse penser que le groupe Samsung pourrait bien connaître quelques mouvements dans les semaines qui viennent, comme cela fut le cas ces dernières années (nomination de Choi Gee-Sung au poste de vice-président du groupe en mai 2012 par exemple). 2013 marque les 20 ans du changement pour le chaebol, les 20 ans de la fameuse phrase du président Lee "Changez tout, sauf votre femme et vos enfants".

Vingt années pendant lesquelles Samsung se sera focalisé sur des secteurs moteurs de croissance : les puces, les batteries, les téléphones et les écrans. Lorsqu'en 2010, Lee Kun-Hee annonça que la majorité des produits de Samsung aurait disparu d'ici 2020, il aura fallu quelques semaines pour voir les salaires de l'exécutif du groupe coupés et le nombre des voyages d'affaires des employés diminué. Lors de son arrivée, Lee Kun-Hee a pris le temps de parler à la presse : "J'ai rencontré beaucoup de monde (lors de mon voyage) et j'ai passé beaucoup de temps à étudier les secteurs d'activités sur lesquels nous devons nous pencher. Ces trois mois sont passés trop vite". Pour de nombreux experts, cette petite phrase couplée à l'actualité du groupe annoncent plusieurs choses : un remaniement des cadres du groupe, un contrôle des prochains investissements, un compte rendu de l'état de la bataille avec Apple et une nouvelle approche quant à la question de la dépendance dans le secteur du mobile.

Un rendez-vous a été donné à la presse pour mercredi 10 avril afin de détailler ses idées. Le groupe, qui devrait enregistrer 46,21 milliards de dollars de chiffre d'affaires sur le premier trimestre et 7,73 milliards de dollars de profits sur opération, prévoit, selon les spéculations, un investissement de 43,2 milliards de dollars sur 2013. Le second trimestre pourrait voir le groupe Samsung frôler la barre des 10 milliards de dollars de profit (9,68 selon les estimations). En tout cas, son arrivée en Corée fait plaisir aux internautes qui ont vu dans son retour la preuve qu'un conflit armée avec la Corée du Nord n'arrivera probablement pas. "Pourquoi l'homme le plus riche du pays viendrait en Corée à un moment où les tensions sont à leur plus haut niveau ?" s'interrogent les réseaux sociaux.

2 avr. 2013

La location d'un époux à l'heure cartonne en Corée du Sud !


Un service lancé il y a un peu plus d' un an est en train de rencontrer un énorme succès dans la péninsule (voir Corée du Sud : Époux à louer), alors que le nombre de femmes célibataires âgées de plus de trente ans commencent à inquiéter les autorités locales qui craignent que le taux de fécondité déjà en berne reprenne sa chute (après une légère hausse ces derniers mois). Il s'agit de donner l'opportunité aux femmes qui le souhaitent de se louer un "mari" le temps d'une soirée, afin de ne pas se sentir seul lors d'un évènement dit socialisant. Pour 50 000 wons (35 euros), n'importe qui peut louer un époux pour deux à trois heures. Une banquière de 36 ans avoue au Chosun Ilbo qu'après un premier essai, elle compte recommencer, soulignant le côté "très pratique et bon marché pour effectuer des sorties entre couples" comme cela se passe dans sa société (ci-contre l'un des sites coréens qui offre ce type de service).

Les locations se passent d'ailleurs pour toute sorte d'activités sociales : partir en vacances, faire ses courses, ne pas manger seule, signer un contrat de location d'appartements, etc. L'apparence, priorité absolu du Coréen de base. À côté des hommes, il est également possible de louer des chiens ou des chats. Un service très prisé des étrangers, selon cette société, ceux-ci ne souhaitant pas ramener l'animal dans leur pays une fois qu'ils décident de quitter la péninsule définitivement. Pour 50 000 wons, vous pouvez louer un animal sur trois jours sans avoir à penser aux vaccinations nécessaires ou aux frais de soins généraux. D'autres services permettent de louer des personnes pour poser sur des photos de famille (pouvant ensuite être exposées sur le bureau d'un employé et permettant de montrer à ses collègues que sa situation familiale est stable) ou de faux amis pour rendre visite à de jeunes coréens effectuant leur service militaire, afin qu'ils ne se sentent pas seuls lorsque leurs camarades reçoivent leur famille les jours de visite.

1 avr. 2013

Un an de plus pour Bienvenue en Corée du Sud

ÉDITORIAL - Le site encoreedusud.com fête aujourd'hui même ses quatre ans. Fondé en 2009, cette blague du premier avril survit, intéresse toujours plus de monde autour du globe, et entraîne sans cesse de nouvelles interactions via les réseaux sociaux sur tous les sujets liés à la Corée. Il faut dire qu'entre 2009 et 2013, la Corée du Sud a changé son image de marque au niveau international. Lorsque l'on prononce le mot "Corée", les Français ne pensent pas qu'à la Corée du Nord, mais sont désormais capables de citer des marques comme Samsung ou LG (parmi les leaders mondiaux de la téléphonie mobile), Hyundai ou Kia (parmi les seuls constructeurs à voir leurs ventes exploser en Europe quand les constructeurs européens sont à la peine), ou dans un autre registre, le nom du chanteur Psy ou pourquoi pas Fleur Pellerin, actuelle ministre déléguée aux PME, à l'innovation et à l'économie numérique, qui vient récemment de faire un tour dans son pays natal (pour la première fois). La Corée du Sud commence à être connue pour quelque chose, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Elle vit probablement ces mois-ci un passage décisif dans l'histoire de son image sur le plan international. Quand le français moyen pensait aux sushi, au sumo, à Tokyo, aux mangas ou au Yakuza lorsqu'il entendait le nom du "Japon", au nom de "Corée du Sud", il peut désormais répondre avec un champ lexical plus élaboré que "le dictateur Kim quelque chose" et la "Corée du Nord".

Bref. Revenons en à nos moutons. Le site a débuté sous la forme d'un projet personnel. Le but était dans un premier temps de tout simplement transmettre, à partir d'un maximum de sources possibles (française, anglaise, coréenne), une retranscription arrangée en français des informations portant sur la Corée (pour éviter la simple reprise et traduction latérale d'articles sans saveur). 24 000 visites après une première année sans aucune viralité recherchée sur les réseaux sociaux, puis 111 000 visites la deuxième année, 148 000 la troisième année et 124 000 pour l'année qui vient de s'écouler (avec des articles publiés par intermède entre octobre 2011 et décembre 2012). En quatre ans, le site a pris une certaine envergure qui m'a toujours poussé à poursuivre et à chercher un moyen d'aller au-delà de la simple plateforme d'information, sans pour autant y arriver (manque de temps, de volonté et/ou de solution rémunératrice pour palier le temps consacré). Se lever chaque matin un peu plus tôt que l'heure normale, décortiquer l'information locale, la "mâcher" et la "retranscrire" à ma façon pour offrir aux lecteurs un regard unique sur les thèmes qui font la Une de l'actualité sud-coréenne, tout cela par pur plaisir, ça a marché pendant un temps. Aujourd'hui, c'est plus une volonté de ne pas laisser mourir le site que de le développer qui me pousse à écrire de bon matin (malheureusement).

Du coup, c'est chaque année le même discours. La question du 1er avril (qui ne sent pas la friture) : Dois-je continuer ? Oui, certains me disent. Très bien, mais pourquoi ? Quel est mon intérêt ? Un loisir quelconque et bénévole ? Faut-il monétiser le site ? Étendre les ressources consacrées, embaucher du personnel (éditeur, designer, autres), en faire une Open Platform avec des contributions libres (au risque d'avoir des articles orientés sur des sujets peu intéressants) ou développer une offre complémentaire à l'information ? Une boutique en ligne, des services de conseils professionnels, une agence de voyage, etc. ? Ces questions trottent dans mon esprit depuis un certain temps mais il n'est pas facile de laisser tout tomber pour tenter cette aventure. Certes, le site me permet d'étendre le réseau d'amateurs de la Corée du Sud. Les presque 3 500 fans sur Facebook, 650 suiveurs sur Twitter et 350 abonnés à la Newsletter, ajoutés aux 600 visites en moyenne par jour avec les pics sur des sujets bien particulier (sexe, Corée du Nord, faits divers pour ne citer qu'eux) en sont la preuve. Ce quatrième anniversaire rime, encore cette année, avec un certain esprit dubitatif quant à la pérennité du site. Une décision sera en tout état de cause prise avant le cinquième anniversaire, puisque mon avenir se jouera avant la fin de cette année.

Je vous remercie encore une fois, vous, tous les lecteurs de Bienvenue en Corée du Sud, pour votre constant support, vos critiques (bonnes comme mauvaises, lorsqu'elles sont fondées), votre intérêt pour ce site et vos idées. Une nouvelle fois, je vous invite à me contacter si vous souhaitez vous aussi écrire sur ce site sur des sujets qui vous touchent en particulier.

Par Clément, 1er avril 2013, 22h04, Séoul

27 mars 2013

Corée du Sud : 2% de croissance, 11 milliards US$ de budget à trouver

En trois ans, c'est le plus bas taux de croissance que la péninsule sud-coréenne ait connu. La banque de Corée rapporte que la Corée du Sud a vu son produit intérieur brut augmenter de 2% en 2012, les trois indicateurs économiques que sont la fabrication, la production et la construction ont ralenti de manière continue. Parallèlement, après révision des données, la banque accorde 0.1 point de plus aux performances de 2011 pour un taux de croissance officialisé à 3.7%. Sur 2012, la Corée du Sud est la 15e économie mondiale, juste derrière l'Espagne et le Mexique, et juste devant l'Indonésie (!) et la Turquie (source : fonds monétaire international). Pour ce qui est de son revenu national brut de 2012, la croissance est également très légère à +2.6%, soit un revenu moyen par habitant de 22 708 dollars (contre 22 451 dollars en 2011). Le pire secteur est définitivement la construction qui, pour la troisième année consécutive, est dans le rouge : -1.6%. Pour ce qui est des services, la croissance est un peu moins importante que l'année précédente avec 2.5% (contre 2.6% en 2011) et la fabrication a bien ralenti : +2.2% contre +7.3%. Et bien que le ralentissement économique mondial ne se soit fait sentir que légèrement sur les exportations (+4.2%), cela n'a pas suffit à donner un coup d'accélérateur à une économie de moins en moins puissante (en 2011, la croissance des exportations était deux fois supérieure à 2012). Les dépenses publiques ont par ailleurs bien augmenté (+3.9% contre +2.1%) alors que les dépenses privées (consommation) n'a augmenté que de 1.7% (contre 2.4%). Pour 2013, les prévisions ont du coup été revue à la baisse par la banque centrale, passant ses estimations de +3.2% (octobre 2012) à +2.8%.

Une autre mauvaise nouvelle vient également frapper la Corée du Sud. Selon une enquête de la fédération des industries coréennes (équivalent du Medef en France) qui s'appuie sur 46 experts de groupes de réflexion, d'agences spécialisées et d'institutions financières, le gouvernement a tout intérêt à revoir à la hausse son budget en accordant un supplément de 13 300 milliards de wons (11 milliards de dollars). 70% d'entre eux estiment que ce supplément doit servir à stimuler l'économie locale avant tout autre chose.13 300 milliards de wons, c'est quasiment le montant du budget supplémentaire accordé par l'Etat juste après la crise financière asiatique de 1998. Les experts estiment que sur le premier semestre, la Corée devrait connaître une croissance très faible de +1.9% pour une année autour de +2.7% (proche des estimations revues de la banque de Corée). Les principales raisons viennent selon eux de la crise continuelle qui s'abat sur la zone euro (41.3%), le lancement de l'Abenomics, la politique économique selon Shinzo Abe, premier ministre japonais (41.3%), le ralentissement de la croissance des pays émergents, dont la Chine (17.4%) et la chute des taux de change pour les devises étrangères (13%). Un résultat intéressant sort cependant de cette enquête : 56% estiment que la Corée du Sud devrait connaître, comme le Japon, une longue décennie de croissance ralentie voire de récession. Le même nombre d'experts voit la crise économique mondiale s'arrêter après 2015, alors de 28.3% misent sur 2014 et 15.2% sur le second semestre 2013.