23 févr. 2015

Pollution : comment vivre en apnée ?

Journée jaune sur la capitale sud-coréenne. La plus polluée depuis le début de l'année 2015. De quoi démarrer l'année de la chèvre en apnée et avec un bon mal de tête.

La Corée connaît chaque année un début de printemps plutôt jaunâtre. Officiellement, la cause est tout simplement le voisin de gauche (quand ce n'est pas celui de droite...). Les vents poussent l'air pollué chinois chargé de particules fines et développent un espèce de voile-nuage géant au-dessus de Séoul. Dans la capitale, on préfère généralement se féliciter de la qualité de l'air (green city??) que de chercher des solutions aux problèmes de pollution de cette mégalopole de 20 millions d'habitants. En conséquence, quand la pollution atteint des niveaux élevés, c'est l'Empire du Milieu qui est pointé du doigt.


Peut-être que la fin des vacances du Nouvel An Lunaire et le re-remplissage de la ville par des millions de Coréens qui étaient partis dans leur famille ou à l'étranger est une explication complémentaire à cette pollution soudaine.

Dimanche, à 17h, une alerte était envoyée sur tous les téléphones mobiles coréens informant la population qu'une forte pollution chargée de sable jaune arrivait par Incheon et Gyeonggi à partir de 18 heures, conseillant aux citoyens de porter des masques s'ils venaient à sortir de chez eux. Ce lundi matin, le taux de PM10 était de 811 et celui de PM2.5 atteignait les 158 ! Évidemment, tous les médias et sites gouvernementaux conseillent à la population de rester enfermée.


Mais attention, alors que les organismes internationaux préfèrent baser leurs niveaux d'alerte sur les particules en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres (PM2.5), et dites "particules fines", les autorités coréennes se basent, elles, sur le taux de particules inférieures à 10 micromètres (PM10). Si les PM10, dites "respirables", pénètrent certes dans les bronches, les particules PM2.5 fines et ultrafines pénètrent dans les alvéoles pulmonaires. Autrement dit, les particules pénètrent dans les voies pulmonaires jusqu'aux alvéoles, s'y déposent et y restent durablement, produisant une surcharge pulmonaire, bien entendu néfaste pour tout l'organisme, les particules étant chargées de substances cancérigènes voire mutagènes (métaux lourds, hydrocarbure aromatique polycyclique, ...).

Pour l'Organisation mondiale pour la santé (OMS), ce sont bien les PM2.5 qui sont les plus dangereuses pour l'organisme. L'OMS estime qu'il ne faut pas dépasser les 25 μg par mètre cube d'air en moyenne sur 24 heures pour les PM2.5 et les 50 μg/m3 pour les PM10, tout cela sur une durée limitée. Si aucune réglementation n'existe, l'Union européenne s'est fixée un objectif de qualité à 20 μg/m3 en moyenne sur l'année alors que l'OMS recommande une valeur de 10 μg/m3 en moyenne annuelle. Pour rappel, en 2002, Séoul se classait 120e sur 122 pays pour la qualité de son air et 136e sur 146 pour l'indice de viabilité environnementale. Malgré les différentes mesures prises ces dernières années, la gravité de la pollution reste élevée dans la capitale.

La pollution devrait se poursuivre sur les prochains jours avec des hauts et des bas. Niveau d'alerte de pollution sur la péninsule coréenne en français (disponible en version mobile) : http://aqicn.org/city/seoul/fr/

Application Air! Qualité de l'Air Mondiale sur Androïd

5 mars 2014

Bitter, Sweet, Seoul : le film citoyen des frères Park

Pendant 98 jours (du 20 août au 25 novembre 2013), 2821 personnes autour du globe ont envoyé 11 852 vidéos illustrant leur vision de la capitale sud-coréenne, Séoul (sous trois thèmes : Travailler à Séoul, Fait à Séoul et Séoul), aux deux grands réalisateurs Park Chan-Wook et son petit-frère Park Chan-Kyong (un duo plus connu sous le surnom  de PARKing CHANce) dans le cadre d'un projet soutenu par le gouvernement métropolitain de Séoul (Seoul Our Movie). 154 vidéos ont alors été extraites, éditées et montées (Moho Film Production) afin d'en dévoiler un film d'une heure et trois minutes intitulé Bitter, Sweet, Séoul.


Bitter, Sweet, Seoul (version anglaise)


Bitter, Sweet, Seoul (version coréenne)

23 sept. 2013

Un pays endetté jusqu'au cou

La dette combinée des foyers, du gouvernement et des sociétés au second trimestre 2013 représente pratiquement trois fois le PIB du pays. Selon le rapport publié par la Banque de Corée ce dimanche, cette dette représenterait pas moins de 289.8% du produit intérieur brut 2012. Un ratio dette/PIB qui devient le plus haut jamais enregistré par la Corée, le dernier record du deuxième trimestre 2009, en plein coeur de la crise financière, ayant atteint les 285.2%. Malheureusement, le fait est que la dette combinée ne s'est finalement jamais améliorée, l'emprunt d'argent servant à chaque groupe de (sur)vivre et de faire (sur)vivre le pays.  

En 2003, la dette représentait un peu plus du double du PIB (220%). Quatre années plus tard, le ratio atteignait les 245.9% avant d'exploser l'année suivante à 273.7%. La barre symbolique des 280% était dépassée en 2012. Évidemment, c'est la dette des entreprises privées qui gonfle en premier lieu la dette combinée puisque le ratio dette des entreprises/PIB est de 158% entre avril et juin 2013 (+26,6 points en 10 ans). La dette des ménages prend 18,8 points en 10 ans et atteint un ratio de 91.6%. Pour ce qui est de la dette fiscale, le ratio passe de 18.2% en 2003 à 40.1% en 2013. Le niveau de dette le moins élevé mais qui accélère le plus rapidement.  

16 sept. 2013

DU L'ART CORÉEN - Un cousin germain de Goldorak sur la plage

Si vous ne savez pas quoi faire les weekends à venir, Busan, deuxième plus grande ville de Corée du Sud, organise jusqu'au 13 octobre prochain sa biennale "Sea Art Festival 2013" sur le thème de "With Songdo: Remembrance - Marks - People" pour célébrer le centenaire de cette plage qui attirait en son temps 200 000 personnes en moyenne chaque jour durant la saison estivale.

Rendez-vous sur la plage de Songdo (Sud-Ouest de la ville) pour découvrir 35 oeuvres réalisés par des artistes issus de 11 pays différents (Brésil, Chine, Italie, Inde, etc.) sous la direction de Park Tae-Won, président du Busan Fine Arts Association Planning.

Chaque élément du thème choisi représente une époque ; Remembrance symbolise ainsi le passé et s'illustre via une rétrospective de la plage de Songdo, Marks parle du présent et propose une exposition de sculpture sur et aux alentours de la plage et People illustre le futur et propose une plateforme de discussions sur l'avenir de la plage et de performances artistiques interactives.

Ainsi, sur la plage de Songdo, vous pourrez admirer Sally! de l'artiste Bees, réplique en bois et métal du robot géant Taekwon V, un cousin coréen du japonais Mazinger Z qui donna naissance à Goldorak. Taekwon V est un superhéros national dont les épisodes ont marqué la jeunesse sud-coréenne des années 70 aux années 90 et dont les sorties héroïques se faisaient en s'envolant du dome de l'Assemblée Nationale (située sur Yeouido, Séoul) pour apporter sécurité, justice et paix. La sculpture se veut par conséquent être un message de paix pour le futur.

Ce Festival est né en 1987 pour célébrer les Jeux Olympiques de Séoul en 1988 et donne tous les deux ans l'occasion aux visiteurs et résidents de Busan de découvrir des oeuvres inédites.
Rendez-vous sur Busan Biennale 2013 pour en savoir plus...

Sur le même sujet, découvrez DU L'ART CORÉEN - Yobosayo, une oreille géante devant la mairie

Les séniors, un marché d'avenir


Il n'y a pas à dire. Peu importe le pays, les plus de soixante ans (séniors) deviennent le groupe de consommateurs le plus puissant. Et la Corée du Sud ne fait plus exception. Depuis six ans, les séniors représentent la plus grande part du gâteau en termes d'actifs, juste devant les quadragénaires. En effet, encore en 2006, les quadragénaires détenaient 31.6% contre 27.5% pour les séniors. Aujourd'hui, le bureau national des statistiques annonce unn rapport de 26.6% contre 29.1%.

A fin juin 2013, les économies des séniors représentaient un total de 178 milliards d'euros (257 000 milliards de wons, dépôt sur compte bancaire), soit une augmentation en trois ans de +9.7%. Sur la même période, le capital des moins de soixante ans n'a augmenté que de 1.2%. Alors que les séniors ne représentent que 20% de la population sud-coréenne, leurs économies comptent pour 34.8% du montant total de l'argent déposé en banque dans le pays.

En quatre ans, les consommateurs de plus de soixante ans ont quasiment doublé dans les grands magasins. Chez Lotte Department Stores par exemple, ils sont passés de 56 000 en 2008 à 102 000 l'an passé avec des dépenses annuelles moyennes qui sont passés de 6,2 millions de wons à 7,5 millions de wons en 2012.

Et la tendance montre que les "vieux" s'habillent "jeune" ; Shinsegae Department Store remarque ainsi que le grroupe de consommateurs des plus de soixante ans se rendant dans les magasins de style jeune-casual a augmenté de 30% par rapport à 2007. Les achats de jeans pour cette catégorie de clientèle ont par exemple pris +20% sur cette période. Idem chez Lotte pour qui les marques comme Zara ou Uniqlo cartonnent (+30% pour les séniors en termes de ventes).

Niveau digital, les séniors s'habituent de plus en plus au nouvel technologie. Dans ce pays d'early-adopter où le taux de renouvellement de produits high-tech est extrêmement élevé (taux de remplacement de téléphones mobiles le plus haut de l'OCDE à 28%), le taux de plus de soixante ans détenant un smartphone est passé de 4.6% en 2011 à 35.9% en 2012. Un chiffre qui ne cesse évidemment pas de croître. Le nombre de séniors utilisant l'application KakaoTalk (messagerie instantanée), la plus utilisée en Corée du Sud, a doublé l'an dernier pour atteindre 200 000 personnes. 24.4% des séniors sont sur Internet (mai 2012, 33.2% des hommes et 17.7% des femmes), 5 points de pourcentage de plus qu'en 2008.

La réussite dans l'art et le spectacle tient également dans le goût des séniors. En particulier dans le cinéma, les spécialistes de cette industrie affirmant que l'attraction des plus de soixante ans est quasi-nécessaire pour passer la barre des 10 millions de spectateurs en Corée du Sud. Le carton de cette année "Miracle in Cell No.7" (12,9 millions de spectateurs, sortie en janvier 2013) aurait attiré 20% des séniors coréens.

Et que dire de l'industrie des voyages. Si les séniors restaient sur des voyages à proximité (Japon, Chine, Philippines, Thaïlande), ils osent de plus en plus les destinations lointaines (Europe de l'Ouest, du Nord et de l'Est, Canada, USA). Le programme de la chaîne câblée tVn qui envoie quatre acteurs de films séniors (69 à 78 ans) avec leurs sac à dos en Europe puis à Taiwan cartonne.

Les plus de 65 ans occupaient 11.8% de la population en 2012 (contre 15.1% pour les 0-14 ans). Selon les estimations, la Corée du Sud commencera à vieillir très prochainement, les séniors prenant le pas sur les plus jeunes générations. Selon le bureau national des statistiques, les plus de 65 ans passeront à 15.7% de la population en 2020 (contre 13.2% pour les 0-14 ans), puis 24.3% en 2030 (12.6,% pour les 0-14 ans) 32.3% en 2040 (11.2% pour les 0-14 ans) et 37.4% en 2050 (9.9% pour les 0-14 ans). En 2012, 6,2 personnes actives (entre 15 et 64 ans) supportaient une personne inactive. en 2017, ce ratio passera à 5,2 avant de s'écrouler à 2,6.

Un hôtel de 7 étoiles au coeur de Séoul

Bloquée jusqu'à présent par une loi qui interdit la construction d'hôtels dans un périmètre de 200 mètres autour des écoles en Corée du Sud, la construction du premier hôtel sept étoiles de Corée du Sud aura bien lieu après que le gouvernement (parti au pouvoir et bureau présidentiel) ait décidé de revenir sur cette loi (12 septembre). Le calendrier qui définira le lancement de la construction de l'hôtel sera fixé le 25 septembre prochain, lors de la 3e réunion pour la promotion des investissements et du commerce présidée par la Présidente Park Geun-Hye.

L'établissement aura pour particularité d'être un hôtel inspiré de la tradition coréenne. Il sera construit sous la direction de Korean Air qui est propriétaire du terrain de 36 642 mètres carré dans le quartier de Songhyeon à Jongno-gu, au centre de Séoul. Un terrain acheté en juin 2008 à Samsung Life Insurance pour un montant de 200 milliards de wons (184 millions de dollars). Situé à deux pas des quartiers traditionnels d'Insadong et de Bukchon et une centaine de mètre du palais de Gyeongbukgong, cet hôtel de très grand luxe dont le design devrait probablement se rapprocher des maisons hanok (traditionnelles) ciblera les touristes les plus fortunés.

10 sept. 2013

Rodman dévoile le nom de la fille de Kim Jong-Un


Les cinq journées de Dennis Rodman à Pyongyang dans le cadre de la visite à son ami Kim Jong-Un auront permis aux experts de la Corée du Nord d'apprendre deux choses : le nom de la fille du dictateur Kim Jong-Un et une prochaine rencontre entre les deux hommes en décembre prochain. L'homme le plus percé et tatoué de la NBA, quintuple champion de NBA, ex-petit-ami de Madonna, serait-il en train de devenir le nouvel ambassadeur des relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ? A en croire sa facilité à se rendre dans le pays le plus fermé du monde et sa proximité avec le dictateur le plus craint de la planète, il n'y a qu'un pas qu'il ne faudrait franchir.

De mardi à dimanche dernier, le géant de 2.01 mètres a passé "un moment relaxant" avec la famille Kim au bord de la mer pendant lequel il a pu porter le bébé de Ri Sol-Ju, dénommé Kim Ju-Ae. "Lors des quelques repas et boissons que nous avons pu partager, nous avons imaginé la possibilité de mettre en place une partie amicale de basketball entre la Corée du Nord et les Etats-Unis et nous avons discuté des améliorations qu'il faudrait apporter à leur équipe nationale de basketball".

L'équipe nationale n'est pas dans le classement de la FIBA, la fédération internationale de basketball amateur. Pour ce qui est de Kenneth Bae, un coréen-américain enfermé depuis novembre 2012 dans un camp nord-coréen pour une peine de 15 ans pour des "actes hostiles contre la république", dont la santé se fragilise de jour en jour (un diplomate suèdois l'a rencontré dans unn hôpital en août dernier après qu'il ait perdu 23 kilogrammes), Rodman a reconfirmé que ce n'était pas son job. Avant son départ, il avait pris le soin de rappeler à la presse que son voyage n'avait aucun lien avec la libération de Bae : "Vous savez quoi ? Ce n'est pas à moi de poser des questions sur Kenneth Bae. Sur ce sujet, posez vos questions à Obama. Demandez à Hillary Clinton".

Reportage de VICE sur la rencontre de Dennis Rodman avec Kim Jong-Un en février dernier :