La Corée du Sud mise sur le Vietnam

10.9.13

Il est évident qu'aujourd'hui, les marchés d'avenir (moyen-long terme) ne sont ni la Chine, ni Taïwan, ni l'Inde mais bien les pays d'Asie du Sud-Est avec en tête de gondole le Vietnam, le Camboge, le Laos, le Myanmar, la Thaïlande, les Philippines et l'Indonésie. La Corée du Sud l'a bien compris et investit depuis des années dans ces zones. Dernier gros coup en date : dimanche dernier. C'est Kumho Tire, filiale du conglomérat Kumho Asiana, qui a dévoilé son investissement de 100 millions de dollars dans une usine située dans la province de Bihn Duong, au Sud-Est du pays.

Ce montant permettra d'agrandir l'usine existante afin d'augmenter de manière conséquente la production annuelle de pneus dans la région : de 3 à 5 millions par an selon les perspectives du groupe. Le président de Kumho, Park Sam-Koo, mis sur la touche en 2009 suite à des querelles familiales, a repris les affaires début 2012 et lancé une série de réunions internationales avec le Vietnam fin de l'année dernière. Sa rencontre avec le premier ministre Nguyen Tan Dung l'a convaincu d'investir dans ce pays, idéalement situé pour fournir la Chine de pneus.

Cette volonté du groupe Kumho d'investir au Vietnam est fortement supportée par la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye. L'annonce de cette investissement a d'ailleurs été opéré en marge d'une rencontre entre les présidents coréen et vietnamien, Truong Tan Sang. Lors de cet entretien, Park et Sang ont convenu un objectif ambitieux : tripler les échanges bilatéraux d'ici 2020, de 22 milliards de dollars en 2012 à 70 milliards de dollars dans 7 ans. Un objectif atteignable à une condition, signer un accord de libre échange au plus vite. Le sommet organisé entre les deux présidents permet d'imaginer la signature d'un tel accord dès 2014, les négociations ayant débuté depuis 2012.

Taux de croissance des pays de l'ASEAN

Autre projet d'envergure : le nucléaire. Le gouvernement vietnamien a annoncé vouloir construite d'ici 2030 pas moins de dix centrales nucléaires. Il n'en fallait pas plus pour convaincre les autorités coréennes de lancer leur expertise en lobbying diplomatique et industriel. La Russie et le Japon ayant décroché la signature de deux centrales chacun, la Corée du Sud s'est placée en bonne position pour les 5e et 6e centrales. Si le parlement vietnamien accepte le rapport fourni par les autorités coréennes, la Corée pourrait remporter un contrat de 10 milliards de dollars dans l'année qui vient. Sans compter les autres projets annexes mais d'envergure que sont des centrales thermiques et des centres de stockages sous-terrain de pétrole.

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