Corée du Sud : le vin à des prix raisonnables

7.3.12

Consommation – Une loi est discrètement passée récemment au sein du gouvernement coréen. Cette loi, c’est une petite révolution pour l’industrie du vin, ou plus particulièrement de sa distribution. Le néo-zélandais Joshua Hall, un blogueur-spécialiste du vin reconnu par tous les experts locaux, évoquait en début d’année cette nouvelle réglementation sans qu’aucun distributeur ne sache finalement vraiment ce qu’il en était. En bref, cette réforme dans la loi sur les alcools permet aux importateurs de vendre directement leurs bouteilles aux consommateurs, sans passer par des grossistes ou des détaillants, et aux distributeurs locaux d’importer directement leurs bouteilles, sans passer par les importateurs. Du coup, alors que des accords de libre échange sont signés avec les principaux pays exportateurs de vins (France, Espagne et Italie pour l’Union européenne, Etats-Unis et Chili, pour ne citer qu’eux) mais qu’ils n’entraînent pour l’instant pas de chutes conséquentes dans les prix proposés en magasin, une telle restructuration de la distribution pourrait bien changer la donne, un voire deux intermédiaires dans la chaîne de distribution étant désormais évité(s).

Après les récentes crises économiques, beaucoup croient que le marché du vin peut connaître une seconde explosion au pays du matin frais. Il faut dire que la montée progressive depuis 2005 pour atteindre les 166,5 millions de dollars de vins importés en 2008 a marqué les esprits et les tendances de consommation. Mais depuis, l’industrie a pris un coup derrière la nuque : -32.5% en 2009 avec la crise et des importations qui remontent doucement pour atteindre en 2011 les 132 millions de dollars. Les cartes sont donc redistribuées mais les importateurs se mettent déjà sur la défensive, histoire de tenter de sortir des marges assez importantes sur leurs produits : « Cela devrait prendre du temps pour les importateurs de gérer des espaces de stockages et des lieux de ventes spécifiquement dédiés aux consommateurs ». Une véritable guerre marketing est donc attendue sur le front des importateurs pour savoir de qui aura les moyens de baisser les prix et attirer le plus grand nombre de clients. Car les consommateurs ont hâte de voir les prix baissés, comme lors de l’accord de libre échange avec le Chili en 2004 ; les taxes douanière sur les vins chiliens n’ont chuté que de 2,5% en moyenne mais ont provoqué une augmentation des importations de 151% !

Accord de libre échange, redistribution des cartes dans la distribution physique et… enfin la vente de bouteilles de vins sur Internet. Les alcools ne sont pas en ventes sur la toile coréenne, mais un projet controversé émis par la commission du commerce équitable pourrait bien changer cela avec une autorisation à la vente et à la distribution. Avec, en 2011, 78% de la population sur Internet (81,8% des foyers), un taux de pénétration de 99,7% pour les 10-39 ans, et 58.4% des internautes qui se connectent pour faire du shopping, la vente de vins en ligne a plus qu’un bel avenir en Corée. Reste à savoir si la commission ira au bout de son idée. En tout état de cause, la France, qui domine le marché coréen des vins importés devant le Chili, qui possède une réputation de vins de bonne qualité à des prix accessibles, et l’Italie, qui par son manque de diversité est directement menacée par les pays du Nouveau Monde et plus particulièrement les Etats-Unis suite à l’accord de libre échange ratifié avec la Corée du Sud, a l’avenir entre ses mains pour faire de la Corée du Sud l’un de ses nouveaux marchés clés en Asie.

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