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La dépollution du pays en marche

16 mai


Le fraîchement élu président de la République Moon Jae-In, investi aussitôt après l'élection présidentielle le 9 mai dernier, a démarré son quinquennat sur les chapeaux de roues. Et il semble donner avant tout la priorité à la santé des Coréens en s'attaquant à la pollution, fléau de ces dernières années qui a fait de Séoul l'une des mégalopoles les plus polluées du monde.

Si, il y a encore dix ans de cela, le gros de la pollution annuel s'abattait sur le pays en avril-mai, causé par les poussières fines jaunes venues des sables du désert de Gobi, aujourd'hui, un jour sans pollution c'est comme gagner au loto. Ces "journées non-polluées" sont tellement rares que les gens ne peuvent plus se retenir chez eux et l'on voit parfois de véritables scènes de films catastrophes dans les rues de Séoul, avec une population à 60-70% masquées, aussi bien les adultes que les plus petits. Les fabricants de filtres à air et de masques se frottent les mains !

Centre-ville de Séoul

Devant cette situation, le président Moon a annoncé hier l'arrêt temporaire de 10 centrales fonctionnant au charbon sur les 59 existantes, et ce pour tout le mois de juin. Cela n'aura que peu de résultat sur la pollution du pays, mais c'est un bon début.

Ces centrales situées dans les provinces de Gangwon, de Jeolla Sud, de Chungcheong Sud et de Gyeongsang Sud fonctionnent depuis 32 à 44 ans, représentent 10,6% de la production d'électricité venant du charbon, soit 3,3 gigawatts, et participent à hauteur de 20% à la pollution émise par les centrales du pays. Ces centrales seront également à l'arrêt de mars à juin 2018, la demande en énergie étant relativement basse sur cette période et la pollution d'air plutôt élevée.

Manifestation anti-nucléaire, Séoul

Moon souhaite que ces vieilles centrales soient complètement fermées d'ici la fin de son mandat, en mai 2022. Durant la campagne présidentielle, le candidat a fortement insisté sur la nécessité de réduire le taux d'émission de poussières fines de l'ordre de 30% en réduisant le nombre de centrales au charbon. Pour ce qui est des neuf nouvelles centrales à venir, il souhaite revoir les projets de celles dont le niveau de construction n'a pas dépassé les 10%.

La Corée du Sud est l'un des plus grands consommateurs mondial de charbon par habitant. En 2014, elle était cinquième mondiale. Et sa consommation d'énergie par tête augmente à une allure incroyable. Entre 1980 et 2011, elle a quadruplé atteignant 5,3tep, contre 3,3 environ pour l'Union européenne. Si la consommation de charbon est à la baisse pour les membres de l'OCDE, c'est la tendance inverse en Corée du Sud qui favorise cette énergie, certes à bas coût mais qui reste la plus polluante des énergies fossiles.  


Mais le charbon n'est pas son seul objectif. Moon souhaite également s'attaquer au nucléaire afin de faire de la péninsule sud-coréenne un pays sans énergie nucléaire d'ici 40 ans. "Nous ne pouvons plus repousser indéfiniment la recherche pour des énergies propres et sûres. Je vais réduire le nombre de centrales au charbon et de centrales nucléaires, et parallèlement augmenter les énergies provenant du gaz naturel renouvelable (ndlr) comme le biogaz".

Le nucléaire représente la deuxième source d'énergie du pays, soit environ 30%, suivi du gaz naturel liquéfié (25%) et du pétrole (3%). Les énergies renouvelables ne comptent que pour environ 1.1% de la production en électricité du pays. Moon souhaite faire passer les énergies renouvelables à 20% d'ici 2030.

Par ailleurs, 11 000 outils de mesures de la qualité de l'air ainsi que des dispositifs de circulation de l'air seront installés dans les écoles primaires jusqu'au lycée pour un investissement de plus de 60 milliards de wons (53 millions de dollars).

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