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Canicule : retour forcé au nucléaire

30 juillet


Moon Jae-in en avait fait l'un de ses cheval de bataille : en finir au plus vite avec le nucléaire afin de faire place aux énergies renouvelables (voir La dépollution du pays en marche). Au programme : arrêt temporaire de 10 centrales fonctionnant au charbon, projection de fermeture définitive, réduire le taux d'émission de poussières fines de 30%, révision des projets de construction de neuf nouvelles centrales nucléaires, et éliminer totalement le nucléaire de la péninsule sud-coréenne d'ici à 2040.


Mais la chaleur qui s'abat sur le pays (du jamais vu depuis des dizaines d'années) aura eu raison de ses mesures anti-nucléaire. Le KHNP (Korea Hydro and Nuclear Plant) a décidé de réactiver Hanbit 3 et Hanul 2, deux centrales, durant la deuxième et troisième semaine d'août, afin de combler la demande excessive d'énergie partout dans le pays. Elles étaient à l'arrêt depuis la deuxième semaine de mai 2018. La maintenance de Hanbit 1 et Hanul 1, prévu du 18 au 29 août, a été repoussé. Hanul 4 qui a vu sa maintenance achevé en début de semaine dernière tourne désormais à pleine capacité.


La demande en électricité devrait atteindre un record a annoncé Paik Un-gyu, ministre du commerce, de l'industrie et de l'énergie. La Corée du Sud compte pas moins de 24 réacteurs nucléaires en opération capable de générer un total de 22 505 MWe, soit un tiers de l'électricité du pays. L'hiver dernier, seuls 14 étaient en opération effective, mais leur nombre est monté à 16 il y a une dizaine de jours et atteindra les 19 au pic de l'été. Deux nouveaux réacteurs sont en construction, mais le gouvernement souhaite réduire le nombre total de réacteurs à 14 d'ici à 2038.


Le lundi 23, Korea Power Exchange révélait que la charge d'électricité du pays avait atteint 88,91 millions de kilowatts, poussant la réserve à 10,21%, un niveau inférieur à 10% signifiant que les réserves deviennent insuffisante. Un niveau de consommation bien au-delà de qui avait été anticipé par le gouvernement (87,5 millions de kilowatts) en décembre dernier lors du traçage de la feuille de route pour la consommation d'électricité d'ici à 2031. Une demande en électricité maximale a été revue à la hausse (88,3 millions de kilowatts) en juillet.


Les critiques fusent suite à ce va-et-vient du gouvernement sur la question du nucléaire et la mauvaise anticipation quant à la demande en électricité estivale. Le maximum de 87,5 millions de kilowatts anticipé était bien trop bas sachant que la consommation avait atteint 84,59 millions de kilowatts durant l'été 2017. Il suffisait de prendre les données de croissance économique pour estimer une consommation à la hausse. Nombreux pensent que le gouvernement a volontairement vu ses estimations à la baisse afin de maintenir certains réacteurs nucléaires.


L'Allemagne n'est pas mieux. Elle qui est se veut pourtant anti-nucléaire continue de s'appuyer sur ses réacteurs et ses centrales à charbon même pendant le jour, alors que les panneaux solaires sont à leur production maximale. Tout simplement parce qu'il n'y a pas assez de vent. À Taïwan, c'est la même chose. Le gouvernement a réactivé un nucléaire pourtant à l'arrêt afin de répondre à la forte demande en électricité. L'année dernière, l'île de la Mer de Chine avait connu la plus grande panne de son histoire avec 7 millions de foyers sans électricité. Au Japon, le gouvernement de Shinzo Abe a accéléré le redémarrage des réacteurs de Fukushima.


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