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L'éducation en Corée du Sud : deuxième mondiale ?

09 décembre

Éducation – Hier, vous avez vraisemblablement lu ici et là dans les Unes des médias internationaux et nationaux, les articles sur l’éducation et le rapport de l’OCDE à ce sujet. Une actualité qui met en exergue le retard de l’Europe sur l’Asie en matière d’éducation, les conclusions plus que moyennes sur l’éducation dans l’hexagone et la bonne forme du système sud-coréen. Le PISA, programme international de suivi des acquis, cherche de manière triennale à évaluer les compétences des jeunes et, au travers d’un rapport émis par l’OCDE, dévoile des résultats très attendus par les ministères concernés. Cette année, l’enquête portait sur 470 000 élèves issus de 65 pays (donc des pays membres et non-membres de l’Organisation). Et le classement final montre une domination asiatique sans précédent avec dans l’ordre : Shanghai, la Corée du Sud, la Finlande, Hong-Kong et Singapour. Sur les dix premiers, ce sont 5 pays d’Asie (+ le Japon) contre deux européens (+ la Hollande), deux d’Océanie (Nouvelle Zélande et Australie) et un américain (Canada). Dans la moyenne de l’OCDE, hormis les Etats-Unis, nous retrouvons que des européens dont la France. Mais attention ! Ce classement doit être pris avec des pincettes car ce qui est appelé « éducation » dans cette enquête porte sur trois points clés : la compréhension de l’écrit, les mathématiques et la culture scientifique. En bref, des tests de type QCM (questions à choix multiples) sur le 7e art ou les nouvelles technologies. Et c’est bien là que le point sensible du test du PISA se situe : le QCM. Il faut savoir que la Corée du Sud est championne du QCM. Les élèves ne travaillent que par ce système. Si en France, la créativité et le débat sont les bases du système scolaire, la Corée du Sud connaît une éducation complètement amorphe, où la réflexion peut parfois être dépassée par l’esprit « Loto » (probabilité en cochant les cases). Alors certes, les sud-coréens ont une vie très dure entre 5 et 20 ans, se levant très tôt le matin et se couchant très tard le soir afin de pouvoir suivre des cours supplémentaires dans des instituts spécialisés aux tarifs démesurés (dès 6h du matin et jusqu’à minuit le soir). Certes, ce système fonctionne depuis des années et les Coréens se dévouent totalement à leurs études puis à leur emploi. Mais une éducation basée sur le « par-cœur » peut-elle vraiment être comparée à l’éducation française ? Lors d’un échange le mois dernier avec le doyen indien de la KAIST Business School, nous partagions le même regard sur l’éducation coréenne : « les élèves ont une grande marque de respect envers leur professeur en Corée du Sud, composante même de la culture confucéenne, mais cela se traduit de manière négative car les interactions sont limitées ». A aucun moment de leur scolarité, les Coréens n’apprennent à débattre, à développer des argumentations. Ce n’est pas étonnant de voir chaque année de plus en plus d’étudiants Coréens quitter les bancs des campus universitaires de la péninsule pour rejoindre les grandes universités américaines ou chinoises. Lorsque l’on sait que des missions en Finlande et en France, pour ne citer que ces pays, ont été opérées par le Ministère de l’éducation coréen il n’y pas si longtemps que cela afin d’analyser le système éducatif européen et d’en tirer les meilleurs éléments pour application en Corée, il n’est pas interdit de se poser des questions sur la véracité de l’enquête PISA-OCDE. La comparaison des systèmes éducatifs internationaux impliquent à n’en pas douter une prise en considération nécessaire des facteurs culturels de chaque pays. Entre un pays comme la France où le mot « travail » perd tout son sens et les valeurs du système éducatif s’évaporent au fil des années mais la productivité reste d’actualité, et un pays comme la Corée du Sud où les parents empruntent pour apporter la meilleure éducation possible à leurs enfants et où travailler plus de 50 heures par semaine est normal mais avec une productivité loin d’être excellente, que préférez-vous ? Une mauvaise éducation pour une bonne productivité ou une éducation poussée pour un emploi en conglomérat ?

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3 avis

  1. moi je suis un bon francais de la CGT! Je prefere mauvaise education + greve et/ou chomage, c'est bien mieux!

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  2. Bonjour, j'ai fait mes études en France et je vis et travaille en Corée dans une entreprise coréenne. J'adhère totalement à l'analyse de l'auteur.
    Ici, en règle générale la "jugeote" n'existe pas et il ne vient à l'idée de personne d'essayer d'améliorer tel ou tel process. Peu d'esprit d'initiative aussi (rien n'est fait sans une injonction du supérieur hiérarchique).
    Je me permets ces commentaires car c'est du vécu, et dans plus d'une entreprise.
    Bien sûr il y a Hyundai, LG et Samsung, qui forment le fleuron de l'industrie coréenne, mais ces conglomérats forment leur personnel.
    Pour ce qui est des élèves à la sortie de l'université, je peux affirmer aisément que les Français sont plus à même de s'adapter rapidement et d'être réactifs que les Coréens.
    Dans la vie, réfléchir par soi-même et savoir se poser les bonnes questions est souvent plus utile que savoir répondre à un QCM.
    Il y a sans doute du bon et du mauvais dans les deux systèmes (le respect aux professeurs me semble être une chose plutôt positive, tout comme la capacité à réfléchir par soi-même) et le danger est dans le rejet en bloc de l'un ou l'autre système.

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  3. La méthode d'apprentissage dépend fortement de la culture du pays. Là où quelqu'un verra peu d'esprit d'initiative, un autre pourra y voir de la discipline et un sens du groupe. Quel est le meilleur système ? L'américain moyen est-il plus heureux que le Coréen moyen ? La productivité ne doit pas être le seul critère à prendre en compte pour juger l'efficacité d'un système

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