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WikiLeaks peut-il créer une guerre ? (Corée du Sud)

01 décembre

Défense/Diplomatie/Internet – Le buzz du moment est à n’en pas douter le portail américain WikiLeaks, fondé par un informaticien et militant de la première heure sur la toile, Julian Assange. Pour rappel, ce site internet a pour objectif de diffuser à la plus large audience possible, tout en protégeant ses sources, toutes les fuites d’information issues des « régimes d’oppression » américains ou encore asiatiques. Les ressources du site sont fournies par des pirates informatiques et dissidents internationaux, très souvent de manière anonyme. Il est depuis 2006 au cœur de nombreuses polémiques, surtout avec le régime américain sur des affaires portant sur les guerres afghanes (War Logs) et iraquiennes. Il s’est construit une réputation très rapidement en mettant dans l’embarras les plus grandes puissances et en envoyant des révélations inédites aux médias les plus influents (New York Times, Le Monde), devenant par ce moyen le site Internet le plus visité d’Europe courant août 2010. Dimanche, 250 000 documents sont mis à jour, des télégrammes de la diplomatie américaine relatant les négociations d’arrière-salles entre ambassades à travers le monde, valant une fermeture du site et un mandat de recherche par Interpol du fondateur du site, créant au passage une fureur collégiale des grands dirigeants. Mais quel rapport avec la Corée du Sud ? Il est plutôt simple au regard des événements récents survenus entre cette nation et son voisin au Nord du 38e parallèle. Des fuites issues du réseau diplomatique américain à Séoul ont été dévoilées par WikiLeaks. Et il semblerait que ces infos ne soient pas à prendre à la légère. D’après les documents dévoilés hier, le grand dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, victime d’un accident vasculaire cérébrale à la fin de l’été 2008, aurait vu sa santé se détériorer considérablement ces derniers temps, laissant place à une direction de moins en moins ferme du pays. Selon les documents dévoilés hier relatant les propos du ministre de l’unification en juillet 2009 lors d’une rencontre avec Kurt Campbell, diplomate américain, « Kim Jong-Il ne devrait pas passer l’année 2015 ». D’autres rapports datant de janvier de cette année portant sur les relations sino-nord-coréennes dévoilent une perte du pouvoir du « Cher Leader » ; ils dévoilent ainsi que Kim Jong-Il change d’avis comme de chemises, « luttant à instaurer de nouvelles politiques et montrant une indécision croissance ». Une source diplomatique du 26 octobre 2009 souligne sa dépendance à l’alcool malgré les conseils des médecins suite à son AVC. Bref, ces différentes révélations n’ont rien de très sensationnels et ne risquent pas de mettre quelconque nation en danger. Mais là où cela peut devenir embarrassant, c’est lorsque des documents relatant des discussions entre américains et sud-coréens à propos du pouvoir chinois sont mis au grand jour : une rencontre de février 2010 entre Chun Yung-Woo (à l’époque vice-ministre des affaires étrangères et aujourd’hui premier conseiller aux affaires étrangères auprès du président Lee Myung-Bak) et Kathleen Stephens, ambassadrice américaine à Séoul, laisse comprendre que pour Chun, « la Chine ne sera pas capable d’arrêter l’effondrement de la dictature nord-coréenne une fois Kim Jong-Il décédé ». De son côté, la Chine ne souhaite apparemment pas voir de réunification dans le court terme entre les deux Corée, espérant plutôt une unification sur du long terme. Selon un document révélé en juin 2009, le premier ministre de Singapour indique que la Chine s’opposerait à toute prise de contrôle de la Corée du Nord par Séoul si cela devait se faire : « Si la Chine avait à choisir, elle préférerait voir une Corée du Nord avec l’arme nucléaire plutôt que l’effondrement du régime nord-coréen. Ils ne veulent pas voir la Corée du Sud prendre en main la Corée du Nord ». En janvier 2009, un document révèle que Lee Myung-Bak ne changera pas de cap d’ici la fin de son mandat, ne favorisant en aucun cas ne serait-ce qu’un embryon de réunification entre les deux Corée. De nombreux télégrammes et rapports de ce genre sont tombés hier entre les mains des grands quotidiens nationaux de la planète laissant place à un certain trouble géopolitique. Si les frasques géopolitiques en Asie du Nord-Est restaient des suspicions jusqu’à aujourd’hui, elles sont aujourd’hui plus que confirmées par les révélations de WikiLeaks. Il ne faudrait cependant pas que cela mène à une discorde entre d’un côté les USA et la Corée et de l’autre la Chine sur le cas de la Corée du Nord. Avec une Corée du Nord qui ose la démonstration de force sur son voisin pour assoir dès que possible Kim Jong-Un en tant que successeur en puissance de Kim Jong-Il, et une Corée supportée par la communauté internationale pour répondre fermement et un peuple poussant à une réponse militaire quitte à entraîner un conflit entre les Corées, il semblerait que WikiLeaks apporte une pièce majeure à un des rapports les plus tendus entre la Corée du Sud et la Corée du Nord depuis l'armistice de 1953, n'ayant en fait pas mis officiellement à fin à la guerre (en suspens depuis 57 ans)...

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1 avis

  1. Ce n'est pas Wikileaks qui crée la guerre,
    Wikileaks dénonce et tient informé le monde
    de ce qui se passe dans les coulisses du pouvoir!

    Les puissances de ce monde craignent bien sûr que ces infos,nous en prenions connaissances mais pourtant ne disent-ils pas qu'ils cherchent des solutions et non "à qui la faute"?

    Alors nous tous, les autres, ceux qui votent,
    ceux qui paient des impôts, ceux qui subissent leur "folie des grandeurs" peut-être bien qu'un jour,de nous viendront les solutions?

    Alors pour ce faire, nous devons être informés.

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