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Provocation ou réel exercice ?

20 décembre

Défense – Certains baptisent cette journée comme celle de tous les dangers. La Corée du Sud a en effet annoncé ce matin la tenue d’exercices militaires à proximité de l’île de Yeonpyeong, récemment bombardée par la Corée du Nord, et ce malgré les menaces de Pyongyang qui consisteraient à répliquer vers le Sud en cas d’exercices de défense à balles réelles. Le gouvernement nord-coréen promettait un véritable « désastre » si le Sud ne l’écoutait pas. Si du côté diplomatique, la Chine et la Russie, qui ont récemment rencontré des diplomates nord-coréens, ont demandé à Lee Myung-Bak de ne pas effectuer quelconques provocations afin d’éviter tout nouvel incident, il semblerait qu’aujourd’hui, le gouvernement sud-coréen et son nouveau Ministre de la Défense jouent en solo sans se préoccuper de quoi que ce soit. Pour rappel, à New York, hier soir, les négociations au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le cas de la Corée du Nord et de la sécurité en Asie du Nord-Est ont échoué, la Chine ayant par exemple rejeté la demande des pays occidentaux portant sur une condamnation officielle du Nord.

« La menace nord-coréenne ou le facteur diplomatique
ne sont pas pris en considération dans notre décision
de maintenir les exercices
»

a ainsi indiqué un membre du gouvernement.


En local, ce lundi 20 décembre est un jour comme un autre. Comme d’habitude d’ailleurs, que ce soit lors d’une provocation nord-coréenne (essai nucléaire, bombardement de l’île, etc.) ou lors d’exercices sensibles sud-coréens, les séouliens ne m
ontrent aucun signe d’inquiétude et vivent leur journée tout à fait normalement. Séoul n’est pourtant qu’à une soixantaine de kilomètres de la frontière à vol d’oiseau. Afin d’éviter tout risque, les autorités sud-coréennes ont tout de même invité les habitants, par l’intermédiaire des haut-parleurs situés sur cinq îles entourant Yeonpyeong, à se mettre à l’abri dans un délai court de trente minutes. Cependant, il est clairement souligné que les exercices d’aujourd’hui ne sont qu’un exercice de défense routinier, comme la Corée du Sud a l’habitude de faire depuis des décennies. Séoul est également « protégé » par le droit de répliquer violemment en cas de nouvelles attaques nord-coréennes sur son territoire, c’est-à-dire le droit d’utiliser ses forces aériennes et non pas seulement des tirs de canons en direction des côtes nord-coréennes comme ce fut le cas après le bombardement de son île. Lors de l’exercice de ce matin, l’armée sud-coréenne utilise des obusiers K-9, de l’artillerie embarquée 105mm, des canons Vulcan et des mortiers 81mm. Côté aérien, aucun exercice n’est prévu mais les jets de combats KF-16 et F-15K sont prêts à s’envoler au moindre incident. Une vingtaine de militaires américains se sont dispersés sur l’île de Yeonpyeong afin d’assurer un suivi médical, les communications et les missions dites d’intelligence. Neuf membres de la Commission pour l’armistice au commandement militaire des Nations Unies assistent en tant qu’observateurs aux exercices. Samedi, le comité nord-coréen pour la réunification pacifique a souligné « qu’aucune garantie ne pouvait être donnée concernant le fait que les exercices sud-coréens étaient susceptibles d'entraîner une véritable guerre ». Si toutes les parties concernées par le sujet (Chine, Russie, Etats-Unis et Japon) ont été tenues informées de la tenue des exercices, un véritable clivage s’est créé entre d’un côté les anciennes dictatures communistes (Chine et Russie) et de l'autre les superpuissances américaines et nippones. L’appel à la modération et la retenue était du côté russe la priorité. La Chine évoquait de son côté la sensibilité de la Corée du Nord. Si c’est la Russie qui a fait appel au Conseil de Sécurité en urgence ce dimanche, cela ne change finalement pas grand-chose car rien n’a abouti. La Corée du Nord osera-t-elle une réplique ? Si c’est le cas, visera-t-elle une autre zone comme elle l’avait promis ? La Corée du Sud cherche-t-elle finalement un conflit pour mettre fin aux « délirs » du « Cher Leader » Kim Jong-Il ? Le risque d’une torpille expédiée par erreur dans les eaux nord-coréennes, comme lors des derniers exercices, n’est-elle pas un signal assez fort pour réduire la taille de tels exercices militaires ? La réponse cet après-midi très probablement…

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