L'essai nucléaire en trois chiffres : 3e essai, 7 000 tonnes, 300 000 morts

13.2.13

C'est le troisième essai du genre exercé par la Corée du Nord. Après le premier essai du 9 octobre 2006 puis un deuxième le 25 mai 2009, l'essai du 12 février 2013 est le plus important jamais réalisé par le régime communiste générant un séisme de 4,9 sur l'échelle de Richter. Les conséquences au niveau international sont simples : refroidissement des relations "diplomatiques" avec la Corée du Sud, le Japon et les Etats-Unis, ainsi que la grande majorité des membres du Conseil de sécurité de l'ONU. Alors que le Sud est en cours de transition au niveau du pouvoir, la présidente Park Geun-Hye qui prendra ses fonctions le 25 février, a fortement condamné cet essai et promet de mettre en place toutes les actions nécessaires pour éviter de nouveaux débordements. Ce troisième essai ferme sans aucun doute la porte à de nouvelles négociations avec le Nord. La partie de poker est terminée. Kim Jong-Un, dernier de la fratrie des Kim, n'avait sans doute pas le choix pour asseoir encore davantage son pouvoir, alors que des divisions au sein du régime pointaient leur nez. C'est peut être aussi pour ça qu'il avait décidé, cette fois, de prévenir son voisin chinois et son pire ennemi, les USA (qui ont pris le soin de prévenir la Corée du Sud, à l'inverse de la Chine), la veille que l'essai aurait lieu le matin dans le Nord-Est de la péninsule.


L'essai souterrain était le plus gros des trois essais opérés par la Corée du Nord. En 2006, la bombe avait généré un séisme de 3,6 sur l'échelle de Richter, laissant supposé un poids inférieur à 1 000 tonnes. La deuxième, en 2009, avait créé une activité sismique de 4,9 sur l'échelle de Richter. Les experts estimaient alors que le poids se situait entre 2 et 6 000 tonnes, avec une puissance équivalente aux bombes Little Boy (bombe A larguée sur Hiroshima de 16 000 tonnes) et Fat Man (bombe A larguée sur Nagasaki de 21 000 tonnes). Avec un séisme de 4,9 cette fois-ci (premièrement annoncé à 5,1), il semblerait que la bombe soit autour des 6 ou 7 000 tonnes. La Corée du Nord clamait cependant le 24 janvier que cet essai serait un essai de haut-niveau, ce qui signifie en langage scientifique que le poids de la bombe aurait dû être supérieur à 10 000 tonnes. Cet essai laisse par ailleurs craindre des conséquences sur l'activité du mont Baekdu, un volcan endormi à la frontière entre la Corée du Nord et la Chine.

Selon Seon Kyun-Ryeol, professeur d'ingénierie nucléaire à l'Université nationale de Séoul, une telle bombe lâchée en plein coeur de la capitale sud-coréenne, Séoul, ferait immédiatement 300 000 morts. L'explosion serait d'un diamètre de 1 à 2 kilomètres avec des retombées radioactives immédiates sur une surface couvrant toute la superficie de la métropole (plusieurs dizaines de kilomètres). A titre de comparaison, la bombe d'Hiroshima avait fait entre 96 et 166 000 morts et celle de Nagasaki entre 60 et 80 000 morts (plus les conséquences sur des générations et des générations de japonais). Cet essai n'inquiète en tout cas pas les séoulites (chute légère de la consommation en comparaison aux chutes importantes de la consommation suite aux deux premiers essais) et le marché financier reste stable.

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