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Corée du Sud : 50 ans de labeur mais pour quoi ?

08 décembre

Tendance – La semaine dernière se tenait le forum international de l’aide au développement du côté de Busan, deuxième ville du pays, au Sud-est de la péninsule. Rien d’exceptionnel penserez-vous ? Bien au contraire. En organisant ce forum, la Corée du Sud prouve qu’elle a réussit en cinquante ans ce que des pays ont mis des siècles à mettre en place. D’un pays qui quémandait de l’aide à la communauté internationale à une nation riche donnant des sommes colossales aux pays dans le besoin, plus particulièrement l’Afrique et l’Asie du Sud-Est. La Corée est le premier pays du genre, à passer d’un statut de receveur à celui de donneur. Et le pays ne compte pas s’arrêter là, et ce malgré la crise qui frappe la planète finance. Le président Lee Myung-Bak n’a pas mâché ces mots en ouverture du forum : « nous devons garder comme objectif de doubler notre enveloppe d’aide aux pays dans le besoin d’ici 2015 ». Mais cela n’est pas la seule preuve de réussite du pays.

Il y a quelques jours était rendu public par le ministère de l’économie et du savoir le montant des biens exportés par la Corée sur les 11 premiers mois de l’année : le résultat de 508,7 milliards de dollars jusqu'à novembre fait de la Corée la 8e nation dans le monde à dépasser la barre symbolique des 500 milliards de dollars. Bref, bien loin des 19 millions de dollars de produits exportés en 1948, soit la moitié des exportations du Cameroun et 0.3% des exportations de la Perfide Albion. En volume, le niveau est également très haut avec 1 000 milliards de dollars, ce qui place également la Corée comme la 8e nation au-dessus cette barre symbolique. Son PIB est passé en 50 ans de 3.9 milliards de dollars à 986.2 milliards l’an dernier (15e économie mondiale). La Corée du Sud est le seul pays après la seconde guerre mondiale à avoir de manière indépendante développer une économie remarquable et un système démocratique (depuis les années 1980).

Tout va le mieux du monde donc… enfin presque. Car à quel prix s'est vraiment réalisé le “miracle de la rivière Han” ? Intense compétition dès la naissance et polarisation au sein de la population ont conduit à une anxiété permanente des Coréens quant a leur futur : conditions sociales, suicides, finance, etc. Les enquêtes montrent bien que les Coréens sont loin d’être les êtres les plus satisfaits de leur condition autour du globe. L’OCDE dévoilait récemment que seulement 36% des Coréens étaient satisfaits de leur vie, bien loin des 59% en moyenne dans les 34 pays membres de l’organisation. Seulement 62% estiment connaitre des expériences de vie positive de manière quotidienne, contre 72% en moyenne dans l’ OCDE. Des analystes ont remarqué que la Corée était sujette au syndrome découvert par Richard Easterlin en 1974, baptisé le “paradoxe Easterlin” qui consiste a démontrer que les hausses de salaire ne conduisent pas forcément à un meilleur bien-être. Il est en effet pas simple de lier croissance économique et bonne intégration sociale.

En effet, en quoi les Coréens peuvent-ils être contents ? Ils travaillent 2 256 heures par an, bien loin de la moyenne de l’OCDE de 1 739 heures par an. Les Coréens ont besoin de 55 minutes en moyenne pour rejoindre leur lieu de travail, contre 38 minutes en moyenne dans les grandes économies. Chaque jour, ils n’ont que 3h48 de loisirs, contre 4h31 ailleurs. Ils sont moins nombreux dans leurs foyers avec une moyenne de 1.3 personne dans un foyer coréen contre une moyenne de 1.6 personne dans un foyer d’un pays de l’OCDE. Seulement 72% des Coréens sont satisfaits de la qualité de l’air contre 81.1% dans l’ OCDE. Autour de 80% des Coréens estiment qu’ils connaissent une personne sur qui ils peuvent vraiment compter… bien loin des 91% dans l’OCDE. Ils ne croient pas en leur gouvernement, ils n’ont pas d’enfants, le pays est l’un des derniers en termes de dépenses publiques, le taux de suicide est le plus haut du monde… Et lorsqu’en réponse à cela on nous sort qu’ils sortent le plus de jeunes diplômes (98% des 25-34 ans ont leur bac contre une moyenne de 80% dans l’OCDE), cela ne vient que rajouter aux désastres de la compétition perpétuelle que subissent les plus jeunes avant de poursuivre sur cette voix dans les entreprises du pays.

Bref, le seul motif d’espérance à ce jour tient dans le fait que 60% de la population sud-coréenne croit que leur vie s’arrangera dans les cinq prochaines années, soit un ratio presque deux fois plus supérieur au ratio moyen des pays membres de l’OCDE...

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