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Corée du Sud : comme d'habitude

20 décembre

Le "Cher Leader" est mort, vive le "Grand Successeur"... En Corée du Nord, le temps et l'histoire passent, mais la situation reste toujours la même. Et du coup, la relation avec le Sud ne bouge pas (et n'est pas prête de...). Comme d'habitude...

La Corée du Sud s'est d'ailleurs réveillée comme un matin normal. Glacés par les 10 degrés Celsius sous zéro, seule une chose pouvait interpeler les Coréens : le visage de Kim Jong-Il sur tous les kiosques à journaux de la capitale avec la mention "1942
-2011". Oui, la vie des sud-coréens n'a pas changé d'un iota après la mort de Kim Jong-Il, celui qui depuis 1994 ne cessait de multiplier, comme son père le faisait si bien avant, les menaces militaires sur son voisin et frère du Sud. Celui que les Coréens haïssaient tant, celui que les Coréens rêvaient de voir mort, celui que les Coréens ne comprenaient pas. Un peu comme un gosse qui obtient le cadeau qu'il avait demandé à Noël. Un effet-surprise qui ne durera que quelques instants avant que quelque chose d'autre ne l'intéresse.

"Nous sommes un peu dans l'attente d'en savoir plus..." confient les Séouliens ce matin, qui attendent de voir l'évolution des événements pour les prochains jours et probablement une réaction de leur gouvernement. Et pour ceux qui croyaient que la mort de Kim Jong-Il résoudrait le conflit des deux Corée, le résultat n'est finalement pas celui escompté : "Je pensais que son décès accélérerait le processus de réunification. Aujourd'hui, je suis plutôt inquiète des réactions imprévisibles du fils Kim Jong-Un. Je ne pense finalement pas que sa mort ait un impact positif sur la réunification" confie une employée de bureau de la capitale sud-coréenne.

En effet, difficile de dire quoi que ce soit, vingt-quatre heures après l'annonce télévisée du décès. Un régime stable et secret qui perd son dirigeant mais qui détient depuis deux ans son successeur et qui, dans l'ombre, possède une poignée de têtes pensantes (dont Jang Song-Taek, beau-frère de Kim Jong-Il) depuis maintenant de nombreuses années, n'est définitivement pas prévisible. Pour certains, la situation risque d'être tendue avec Kim Jong-Un, jeune homme de 27-28 ans (né en 1983 ou 1984), qui n'a pas les épaules pour diriger le peuple vers une nation puissante et prospère en 2012 (pour le centenaire de la naissance du fondateur Kim Il-Sung). Pour d'autres, Kim Jong-Un ne sera qu'une image en haut du pays et les militaires prendront le contrôle de la population et de la politique, pour une situation inchangée voire un renfermement de la Corée du Nord encore davantage sur elle-même qui provoquerait une situation inerte pendant les mois qui viennent. Les deux jours qui se sont passés entre la mort de Kim Jong-Il et l'annonce officielle, le déploiement d'un militaire tous les quatre mètres dans les rues de Pyongyang hier puis la diffusion sur toute la toile d'images montrant le peuple nord-coréen hystérique et en larme suite à la mort de "leur père" montrent bien que le pouvoir est déjà bien repris en main et que les masses vont être contrôlées encore plus activement.

Une amie sud-coréenne me confiait ce matin son sentiment face à cette situation, un sentiment mêlant joie et peur... "Je suis contente du décès de Kim Jong-Il car le régime nord-coréen est l'ennemi numéro 1 de la Corée du Sud. Je souhaite vraiment que toute la famille Kim et les militaires liés au pouvoir disparaissent, mais c'est bien évidemment un rêve impossible" m'avouait-elle ce matin, avant de se montrer inquiète sur le futur des relations intercoréennes : "J'ai appris que Kim Jong-Un était plus agressif que son père. J'ai peur. Non pas d'une guerre, mais d'une instabilité en Corée du Nord. Il n'a pas le même charisme que son père ou son grand-père et le peuple pourrait vite s'en apercevoir." Bref, une réunification qui ne semble pas être à l'ordre du jour pour les Coréens. Ni un conflit armé entre les deux Corée d'ailleurs. L'après-Kim Jong-Il annonce comme un statu quo à moyen terme des relations intercoréennes.

Un frisson secoue la péninsule, mais comme d'habitude, les Corée restent les mêmes... séparées.

Enfin, pour faire référence au titre de cet article, je vous propose de conclure par ce projet de l'association BAM qui se lance avec une production franco-coréenne sur la musique de Claude François et Jacques Revaux, Comme d'habitude :



Cette reprise fait partie du projet "sous la douche", initié par l'association BAM et qui consiste à enregistrer les chansons dont vous êtes le spécialiste puis de faire harmoniser les voix par un musicien avec une totale liberté d'interprétation. "Comme d'habitude" est chanté ici par YS KIM (Corée) et mis en musique par Michel BANANES Jr. (http://michelbananesjr.bandcamp.com/). Pour plus d'infos et/ou pour participer à ce projet, contactez associationbam@gmail.com

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