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Le suicide, un tabou pour les familles coréennes

28 mai

Société – 99 321 en 10 ans. Voici le nombre de suicides officiellement recensés par le bureau national des statistiques en Corée du Sud. Pour la police, il ne serait pas étonnant que ce chiffre soit clairement sous estimé et que l’on se rapproche plutôt des 140 000 suicides sur la dernière décennie. Car c’est un fait. De nombreuses familles préfèrent cacher un suicide derrière une attaque cardiaque. C’est plus politiquement correct et n’entache pas l’image de la famille. En Corée du Sud, ce sont donc près de 600 000 familles qui ont été concernées par des suicides. En 2008, la Corée avec le plus haut taux de suicides par habitant parmi les pays membres de l’OCDE, avec 26 pour 100 000 individus. Plus du double de la moyenne. Les vagues de suicides ou les suicides de stars ont toujours eu une influence sur la société sud-coréenne. Et le gouvernement en prend conscience mais la prévention est toujours difficile. Mais il faut prendre conscience aussi que, si la prévention est nécessaire, la situation après le suicide d’une personne doit également être surveillée. Les familles ont très souvent du mal à remonter la pente, l’image renvoyée par un suicide ternissant considérablement l’image de la famille. Beaucoup mettent le suicide sur le compte d’une famille déséquilibrée, où il y a eu un manque d’éducation et d’amour. Des mots touchant au plus profond les parents ou les frères et sœurs. Regardez l’histoire de Choi Jin-Young. Sa sœur, Choi Jin-Sil, star de cinéma, s’est suicidée il y a un an et demi. C’est lui qui est passé à l’acte il y a quelques mois, n’arrivant pas à remonter la pente. Un drame pour toute une famille, Choi Jin-Young (ci-contre, portant le portrait de sa sœur après son suicide) ayant pris la garde des enfants après le suicide de sa sœur. D’après une récente étude, il y a de grandes chances d’assister à un suicide de parents dans le mois qui suit le suicide de leur enfant. Il semblerait que les familles ayant connu une telle situation s’en sortent mieux lorsqu’elles partagent leur sentiment. La Corée du Sud peut s’appuyer sur son voisin, le Japon, dont le taux de suicide était légèrement inférieur à celui de la Corée, avec 25.3 cas pour 100 000 individus. Au Japon, ce sont 30 000 suicides par an qui sont dénombrés. Le gouvernement du premier ministre Yukio Hatoyama a fait du suicide une priorité politique, investissant pas moins de 175 millions de dollars dans la recherche, l’éducation, les services d’écoute et d’aide, etc.
Arosmik, le 28 mai 2010 en Corée du Sud

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