Corée du Sud : les traces de la guerre

14.10.11

Histoire – La guerre de Corée a marqué la péninsule entre 1950 et 1953, mais elle continue à tuer. Des centaines de mines sont encore enterrées du côté de la DMZ, cette zone dite démilitarisée entre le Nord et le Sud. Et les habitants de la province de Gangwon en sont les premiers témoins. L’association pour le partage de la paix a décidé de mener sa propre enquête entre mars et septembre 2011 afin de chiffrer les dommages créés par les mines qui n’ont toujours pas été déterrées du sol de cette province.

Selon eux, 228 personnes voire plus (car des personnes ne veulent pas en parler) auraient trouvé la mort suite à l’explosion de l’une de ces mines entre la guerre et aujourd’hui. Et ce n’est que pour cette province, car du côté de Gyeonggi, également frontalière avec la Corée du Nord, le nombre est probablement aussi important. L’enquête indique que 51% sont morts sur le coup, après la détonation, alors que le reste a été lourdement blessé par la charge avant d’y laisser la vie. La plupart des décès ont eu lieu entre 1950 et les années 70, à une époque où le gouvernement relocalisait la population sur les terrains de Gangwon afin de cultiver les terres lorsque le pays luttait contre des pénuries alimentaires. Les autorités offraient gratuitement ces terres à la population qui acceptait de vivre sur des zones minées. Plus de la moitié des blessés ont marché sur une mine au niveau des montagnes situées à proximité des
villages et 23% indiquent que l’explosion a eu lieu à seulement quelques mètres de leur foyer, les autorités n’ayant pas bien fait leur travail de déminage à l’époque.

L’enquête précise que la moitié des victimes avaient entre 20 et 50 ans et 84% sont des hommes. En d’autres termes, les victimes étaient le gagne-pain des foyers et ont provoqué de réelles problématiques financières dans les familles de la province de Gangwon. Kim, un homme de 56 ans, a perdu un œil, une main et ses deux jambes suite à l’explosion d’une mine. Hormis le fait que sa femme ait préféré divorcer face aux difficultés financières du couple et que Kim ait vendu son terrain pour aider ses deux filles, celles-ci à peine âgées d’une vingtaine d’années se sont suicidées l’une après l’autre l’année dernière face à leur difficulté financière. Kim vit aujourd’hui sous analgésiques, somnifères et alcool… Ces victimes auraient pu demander un support au gouvernement dans les trois années ayant suivi l’incident, mais la moitié avoue n’avoir pas été mise au courant d’une telle procédure.

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